Du statut d’avocat à juriste en entreprise : changement de cap

novembre 29, 2018 12:59 Publié par TeamRH

Louise d’Amécourt

Les entreprises ont besoin des avocats 

Bon nombre de cabinets de recrutements peuvent en témoigner : les directions juridiques d’entreprises recherchent elles aussi des perles rares pour étoffer leurs équipes. Et le candidat idoine serait l’avocat. Cette tendance actuelle s’explique par le besoin de renforcer les équipes  et d’internaliser les compétences. Face à cette nouvelle tendance, les entreprises  font alors de plus en plus appel aux cabinets de recrutements. Dans le même sens, les avocats sont également de plus en plus  sensibles (ou ouverts) aux offres de postes  de juristes en entreprises.

En effet, le passage en entreprise offre une solution plus confortable à l’avocat qui souhaiterait quitter la profession. C’est pourquoi  les avocats, ne pouvant ou ne souhaitant pas accéder à l’association ou bien continuer à exercer en libéral, se tournent de plus en plus vers l’entreprise pour y exercer en tant que juriste. Cette  réorientation plus aisée et peut être même plus confortable, équilibre la   vie professionnelle et  la vie personnelle, tout en continuant d’exercer dans le même  domaine de compétences. Les Directions Juridiques sont donc pour les avocats à la recherche de nouveaux défis une autre voie  de développement de carrière. Le plus souvent par ailleurs, notamment pour les femmes, c’est aussi  une possibilité de valoriser sa carrière, puisque en 2014, les cabinets d’avocats comptaient 24,5 % de femmes associées contre 46% de postes de Directrice Juridique [1].

Pourquoi les avocats choisissent-ils ce passage ?

Le mouvement avance, les chiffres en témoignent, 30%  d’avocats quittent  la profession  avant dix ans de carrière selon le rapport de février 2017  « L’avenir de la profession d’avocat ». A la lecture des témoignages beaucoup de facteurs incitent les avocats à franchir le pas : le stress, le peu de reconnaissance, la disproportion entre l’investissement temps et la rémunération et la concurrence due à l’offre  d’avocats sur  le marché. Beaucoup donc semblent préférer faire une concession sur la rémunération au profit de plus de quiétude et d’un équilibre vie professionnelle / vie personnelle.

Un mode de vie différent 

Si l’environnement de la vie en entreprise diffère de celui en cabinet d’avocat, le fonctionnement l’est également : l’avocat travaille pour plusieurs clients, le juriste un unique client : son employeur. Ce qui engendre pour l’avocat plus de stress : une demande plus forte de rendement et de rentabilité. Si le juriste semble plus dépendant que l’avocat, il n’en reste pas moins que le choix de l’entreprise lui procure également d’autres avantages : la sécurité du régime salarié et également un équilibre vie professionnelle / vie personnelle.

De l’avocature à l’entreprise : un changement de cap, un changement de vie, mais le juriste peut également revenir vers sa vocation première : l’avocature. Selon le baromètre Day One de 2014 : sur les 1 749 recrutements d’avocats associés dans les cabinets d’avocats d’affaires depuis 2005, 7% des associés étaient issus d’une structure non-avocats (entreprises, politique, université, cabinet de conseil…) et donc la moitié seulement (52%) de l’ entreprise.

Il n’en reste pas moins que le passage d’avocat à juriste en entreprise peut se révéler difficile car ce sont deux secteurs différents. Le monde de l’avocature étant peut être plus individualisé que celui de l’entreprise quant à lui plus collectif.

Les cabinets de recrutement volent au secours des entreprises

Afin de sécuriser cette transition entre un mode autonome solitaire à un mode plus collégial et interactif en entreprises, nombre de celles-ci font appel à des cabinets de recrutement très spécialisés sur ce secteur. En effet, repérer le nouveau collaborateur à intégrer dans une structure établie est devenu maintenant l’affaire de spécialistes capables de déterminer le bon profil. Avec des outils très techniques faisant appel  tant à la psychologie du candidat que son relationnel, ces entités de chasseurs de têtes sécuriseront à coup sûr votre prochain recrutement.

Sachant bien sûr que l’âme humaine comporte tant de facettes…

 

[1] Source : Cartographie des directions juridiques en 2014